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Publié par CLAR

Jeudi 4 avril, à 17h précise. Au 22, rue Nadault de Buffon, Rennes


Le Collectif de Liaison et d'Action Rennais (CLAR) vous invite à un nouveau 
volet autour de l'émancipation chez Rancière, consacré cette fois-ci au livre « La nuit des prolétaires ». A la suite de la discussion, on vous propose de  partager un repas en auberge espagnol.


La nuit des prolétaires (présentation)
Cette foisonnante exploration s'origine dans la crise du gauchisme des années 70. Elle est le fruit du travail mené par Rancière pendant près de sept ans dans les archives du mouvement ouvrier au XIXe avec pour question : comment l'émancipation a-t-elle été formulée par ceux qui l'ont autant rencontrée que  conçue ?

Ce livre est tout à la fois : une histoire sans fin du socialisme utopique ; un poème en prose de plusieurs centaine de pages ; une thèse de philosophie à partir de textes de simples ouvriers ; un roman tramé de correspondances, de journaux ouvriers et de rapports préfectoraux ; ou encore, une sociologie ne traitant que d'être exceptionnels.

La nuit des prolétaires n'étudie pas la chaleur des guinguettes, l'effroi des ruelles mal famées, ni le sommeil sacré des travailleurs harassés, pas plus que la veille fébrile du conspirateur. La nuit des prolétaires, c'est ici l'obscur moment où des ouvriers décident de prendre le temps qu'ils n'ont pas, de lire les livres qui ne leur sont pas destinés, d'écrire les
textes dont ils sont incapables, en somme : de devenir poète ou philosophe, de se faire autre chose qu'ils sont. Par la puissance des mots et de la volonté, ils se trouvent embarquer à expérimenter, avec les moyens de leur intelligence égale à celle de n'importe qui, le sens du mot « émancipation ».

L'émancipation redevient le point de départ de la politique qui a pour condition l'expérience de notre dignité d'être pensant. Et ce sentiment est susceptible de nous indisposer radicalement à tout ce qui peut en
limiter le plein exercice. Dès lors, le ressort de la révolte ne peut plus être considéré comme l'expression d'une conscience de classe enfin mûre - instruite des dominations qui la déterminent - mais à l'inverse, comme ce qui vient en interrompre la reproduction.
L'émancipation chez Rancière, 2nde partie : « La nuit des prolétaires »