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Publié par CLAR

Débat sur les perspectives et la structuration de ce comité de luttes

Une des questions posée pour cette partie était : Le comité est-il seulement destiné à soutenir les luttes existantes menées par divers orga, collectifs formels ou informels ou le comité de lutte doit-il aussi travailler à l'élaboration d'un discours singulier depuis lequel le comité affirmerait plus spécifiquement la nécessité d'intervenir ensemble depuis le prisme de l'austérité ?

Pertinence voire nécessité de ce comité de luttes + perspectives possibles

Ce comité de luttes est ressenti par beaucoup d’entre nous comme une nécessité à la fois pour augmenter notre rapport de force par rapport à nos cibles locales et pour dépasser le cloisonnement et la spécificité des luttes dans lesquels nous sommes pris. Les perspectives de ce comité pourraient être :

- l’échange d’informations sur nos luttes spécifiques. Une personne propose qu’une personne présente, à chaque réunion du comité, les actions et luttes sur Rennes des semaines à venir. Cette présentation pourrait être complétée à chaque rencontre par les personnes présentes.

- des débats, des réflexions (par ex sur l’austérité et les luttes au niveau européen) et des autoformations entre nous.

- aller à la rencontre d’autres collectifs / orgas / luttes pour se tenir au courant de leurs luttes et les inviter au comité, en menant également éventuellement des enquêtes (mode enquêtes ouvrières)… (par ex : sur Pontchaillou).

- augmenter le rapport de force sur des luttes de tel ou tel collectif.

- soutenir des luttes spécifiques avec un positionnement et un mode d’action spécifiques (ex :que le comité intervienne pour la défense d'un service public en soutien à la lutte des infirmiers-ères de l’hôpital de Pontchaillou qui ne peuvent faire grève).

- mener des actions communes sur de nouveaux champs et qui « feraient le lien entre nous ».

- de manière plus spécifique, ce collectif pourrait permettre de contester le monopole des grandes centrales syndicales et des journées d’actions syndicales contre l’austérité… il faudrait mettre en avant notre légitimité à s’approprier des actions.

Il existe une aspiration à ce que les cloisons s’estompent entre les organisations, les collectifs… pour qu’il y ait une alliance (image par exemple de l’alliance entre les agriculteurs et les squatteurs pour la lutte sur notre dame des landes + image de la joie ressentie quand les deux cortèges (ZAD + marche des migrant-e-s) se sont réunies cette après-midi).

Une personne estime que l’intérêt de ce comité pourrait être de se faire rencontrer des mondes militants, et notamment deux types de mondes : les mondes syndicaux et les mondes des groupes contestataires, souvent plus jeunes et moins du côté de l’emploi stable »… c’est ce qui a été tenté pendant le mouvement des retraites avec l’AGI (Assemblée Générale Inter professionnelle).

Débat : Quelle place accorder à l'idée d'inter-collectifs et à celle de l'assemblée décisionnelle composées de personnes d'horizons divers ?

- Une personne exprime sa volonté que ce soit entre les deux : un inter collectifs un peu plus structurant qu’une assemblée. Elle souhaiterait recréer une « bourse du travail » (cf. Pelloutier). -Une personne pense que le comité devrait être un comité d’individus et non d’organisations « pour éviter que l’on s’engueule »

- Il faudrait que ce soit entre un inter collectifs et un comité dans le sens où les personnes appartenant à des organisations pourraient venir, selon leur souhait, au nom de leur organisation ou en leur nom propre. A ce sujet, une personne considère que l’important est que les personnes membres d’organisations puissent parler du comité dans leurs orgas, les « intéresser » à cette dynamique. « Il faut la jouer modeste et accepter d’être dans l’entre deux ».

- « Dans un premier temps, il faudrait plutôt que le comité soutienne les luttes existantes, par exemple à Pacé, ce sont les migrants qui doivent être les maîtres d’œuvre de ce qui doit se passer. Il ne faut pas se substituer à eux ».

- « Le comité doit mener des initiatives propres. Il ne doit pas être que l’agrégation de collectifs et d’initiatives de chacun-e. Il faut que les actions passent par notre assentiment, nos analyses, nos échanges de points de vue. »

- « ça ne doit pas être qu’une agrégation de collectifs. Il faut que l’on ait un discours commun, même si ce n’est pas évident ». Il y a débat à ce sujet : certaines personnes pensent qu’il faudrait au contraire visibiliser nos divergences et faire attention à ne pas se diviser dans la tentative de création d’un discours commun. D’autres pensent que ce discours commun pourra se construire en cas de luttes communes à travers l’écriture de tracts par exemple, ou encore il se construira progressivement lors d’auto formations… D’autres personnes pensent qu’au-delà de nos divergences, des consensus existent entre nous : sur la nécessité de s’organiser et de faire de la politique en dehors des partis majoritaires au pouvoir, de mener des luttes collectives, de lutter contre l’austérité et diverses formes d’oppression…

Débat sur le nom (et l’orientation générale) du comité de luttes

- préférence de quelques personnes pour le nom d’ « assemblée » plus que « comité », qui serait « moins lourd et moins structurant », ou « plus ouvert ». D’autres préfèrent « comité » qui est justement plus « structurant » qu’ « assemblée »… D’autres encore trouvent que « comité de luttes sonne mieux qu’assemblée ».

Pour certain-e-s, le comité de luttes devrait être un « comité de luttes contre l’austérité », dans le sens où l’expression « luttes contre l’austérité » serait fédératrice. Selon eux, l'époque qui est la nôtre, où l'austérité frappe les populations à des degrés divers (parmi lesquelles les femmes et les étrangers qui les subissent plus durement encore), va renforcer les pressions contre lesquelles nous nous battons déjà (Logement, licenciements, expulsions d'étrangers...).

Dans le prolongement de cette idée, certains pensent qu’il faut mettre en avant le terme d’austérité pour des raisons stratégiques afin de faciliter la liaison entre les luttes du milieu du travail (avec des syndicats tels que la CNT, SUD, FO…) et les luttes de divers collectifs contre d’autres types d’ « oppression » ou de « dominations » (ex : mal logé-e-s ou sans abris, sans papier-e-s, chômeur-euse-s…).

Des mots d’ordre tel que « grève de la dette » et « lutte contre l’austérité » pourraient servir de passerelle permettant aux luttes d'entrer en résonance les unes avec les autres.

Une autre personne renforce cette position : « En Espagne, la jonction entre la jeunesse contestataire et les syndicats s’est faite sur le thème de l’austérité.

« Se réapproprier le terme de l’austérité permettrait de lui donner un autre sens que celui des grandes confédérations syndicales »… Une autre personne pense que ce terme n’est justement pas tant employé par les centrales syndicales car il ferait peur ; il signifierait : « on va en chier de plus en plus »… raison de plus pour l’utiliser ! + utiliser le terme d’austérité serait stratégique dans le sens où il permettrait « d’identifier des cibles » pertinentes qui relieraient nos luttes, comme Bouygues ou Vinci qui n’est pas que le constructeur d’aéroports, mais aussi de centres de rétention… D'autre part les projets des Vincis et consorts pour relancer la croissance et faire miroiter la sortie de crise sont aussi des projets que nous refusons (comme l'Ayraultport).

Au contraire, d’autres personnes estiment que l’austérité n’est pas le terme adéquat : soit parce qu’elles pensent que ce n’est pas forcément une lutte « prioritaire » par rapport à d’autres luttes comme les luttes citées ci-dessus contre d’autres dominations (le terme d’austérité hiérarchiserait les luttes en priorisant celles sur le travail), soit parce qu’elles pensent que ce n’est pas stratégique. Par ex : les sans papier-e-s ne se retrouveraient pas forcément dans une lutte « contre l’austérité » + il serait difficile, hors mouvement des luttes, comme celui des retraites de parler d’ « austérité » + le terme d’austérité serait trop « technocratique » (ex : sur la dette publique, sur le financement de la sécu), il faudrait se battre « pour des choses qui font un peu envie » + utiliser le terme d’austérité serait « complaire à la bureaucratie syndicale », « tomber dans leur champ lexical… ». Selon ces personnes, le comité devrait s’appeler « comité contre les dominations », qu’elles soient de classe, de genre ou de race… pour renforcer et rendre davantage visible ces luttes, qui restent des « luttes minoritaires ».

Certaines personnes pensent qu’il faudrait ne pas lutter uniquement « contre » mais aussi « pour »… mais il n’a pas été précisé pour quoi.

D’autres personnes enfin pensent qu’il ne faut pas s’étriper sur notre nom et dépasser ces différences… d’ailleurs pas forcément si profondes dans la mesure où tout le monde s’accorde sur la nécessité de lutter sur ces différents fronts : logement, féminisme, sans papiers, austérité… et bien d’autres encore !

Une proposition tente de construire un consensus : le comité pourrait s’appeler le « comité de lutte contre l’austérité, les exploitations et toutes les dominations. Comité pour l’égalité… qui finirait par s’appeler « le comité » en résumé ! ».

Les modalités d’actions et la confiance entre nous

Une personne pense qu’il est nécessaire de recréer des liens de confiance entre nous, notamment sur le fait que l’on se mette d’accord avant les actions sur leurs modalités et que celles-ci ne changent pas pendant l’action.

Questionnements sur l’ouverture d’un lieu

Des personnes trouvent qu’il serait pertinent d’ouvrir un lieu.

Proposition concernant le contenu des assemblées ou comités

Les réunions du comité pourraient être décomposées en trois temps :

- l’échange d’informations concernant nos luttes actuelles,

- le soutien de luttes ou l’organisation de luttes propres au comité (peut être que cette partie pourrait être organiser en amont par des petits groupes « actions » en soutien ou en impulsion de telle ou telle lutte… ainsi par un groupe « prospective » sur les luttes actuelles à Rennes,

- les débats autour de la structuration du comité et nos échanges d’analyse, de points de vue sur nos discours.

Proposition de la mise en place d’un « bulletin »

Une personne propose la mise en place d’un bulletin avec :

- les éléments les plus importants en comte-rendu des réunions du comité

- quelques lignes sur les luttes en cours

- les rendez-vous des actions et les prochains rendez-vous

Proposition de la mise en place d’un groupe « prospective, enquêtes, rencontre des luttes rennaises »

Proposition de « sortir de l’urgence »

Il faut trouver un équilibre entre soutenir des actions, mener des actions… (qui est l’une de nos perspectives principales) et soutenir et impulser toutes les luttes et dans l’urgence… « Il faut que l’on s’organise sur du long terme, au delà de chaque lutte prévue à court terme »….

Débat sur la création d’une liste internet propre au comité

Une personne essaie de réfléchir à une proposition à ce sujet pour la prochaine réunion. Cependant, certaines personnes estiment que l’intérêt d’une telle alliance est d’échanger par oral. D’autres disent déjà recevoir beaucoup de mails…

Fréquence et lieu des « assemblées » ou « réunions du comité »

Il a été décidé que ces assemblées auraient lieu toutes les deux semaines. Pour l’instant : le samedi à 17h. La prochaine aura lieu à nouveau dans le local du MCPL. Celle d’après pourrait avoir lieu dans les locaux de Sud-Solidaire si l’AG de Sud accepte.

Comment se tenir au courant des lieux, dates et heures des prochains comités ?

On pourrait essayer d’inscrire l’information à la fois sur Indymedia Nantes Demosphere Rennes et Rennes infos.